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[13] This, I think, is the
context for understanding what the Court meant in Dunsmuir when it
called for “justification, transparency and intelligibility”. To me, it
represents a respectful appreciation that a wide range of specialized
decision-makers routinely render decisions in their respective spheres of
expertise, using concepts and language often unique to their areas and
rendering decisions that are often counter-intuitive to a generalist. That
was the basis for this Court’s new direction in Canadian Union of Public
Employees, Local 963 v. New Brunswick Liquor Corp., [1979] 2 S.C.R. 227,
where Dickson J. urged restraint in assessing the decisions of specialized
administrative tribunals. This decision oriented the Court towards granting
greater deference to tribunals, shown in Dunsmuir’s conclusion that
tribunals should “have a margin of appreciation within the range of
acceptable and rational solutions” (para. 47).
[14] Read
as a whole, I do not see Dunsmuir as standing for the proposition that
the “adequacy” of reasons is a stand-alone basis for quashing a decision, or
as advocating that a reviewing court undertake two discrete analyses — one
for the reasons and a separate one for the result (Donald J. M. Brown and
John M. Evans, Judicial Review of Administrative Action in Canada
(loose-leaf), at §§12:5330 and 12:5510). It is a more organic exercise — the
reasons must be read together with the outcome and serve the purpose of
showing whether the result falls within a range of possible outcomes. This,
it seems to me, is what the Court was saying in Dunsmuir when it told
reviewing courts to look at “the qualities that make a decision reasonable,
referring both to the process of articulating the reasons and to outcomes”
(para. 47).
[15] In assessing whether the
decision is reasonable in light of the outcome and the reasons, courts must
show “respect for the decision-making process of adjudicative bodies with regard
to both the facts and the law” (Dunsmuir, at para. 48). This means
that courts should not substitute their own reasons, but they may, if they
find it necessary, look to the record for the purpose of assessing the
reasonableness of the outcome.
[16] Reasons may not include all
the arguments, statutory provisions, jurisprudence or other details the
reviewing judge would have preferred, but that does not impugn the validity
of either the reasons or the result under a reasonableness analysis. A
decision-maker is not required to make an explicit finding on each
constituent element, however subordinate, leading to its final conclusion (Service
Employees’ International Union, Local No. 333 v. Nipawin District Staff
Nurses Assn., [1975] 1 S.C.R. 382, at p. 391). In other words, if the
reasons allow the reviewing court to understand why the tribunal made its
decision and permit it to determine whether the conclusion is within the
range of acceptable outcomes, the Dunsmuir criteria are met.
[17] The fact that there may be
an alternative interpretation of the agreement to that provided by the
arbitrator does not inevitably lead to the conclusion that the arbitrator’s
decision should be set aside if the decision itself is in the realm of
reasonable outcomes. Reviewing judges should pay “respectful attention” to
the decision-maker’s reasons, and be cautious about substituting their own
view of the proper outcome by designating certain omissions in the reasons to
be fateful.
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[13] C’est dans cette optique,
selon moi, qu’il faut interpréter ce que la Cour voulait dire dans Dunsmuir
lorsqu’elle a parlé de « la justification de la décision [ainsi que de] la
transparence et [de] l’intelligibilité du processus décisionnel ». À mon
avis, ces propos témoignent d’une reconnaissance respectueuse du vaste
éventail de décideurs spécialisés qui rendent couramment des décisions — qui
paraissent souvent contre‑intuitives aux yeux d’un généraliste — dans leurs sphères
d’expertise, et ce en ayant recours à des concepts et des termes souvent
propres à leurs champs d’activité. C’est sur ce fondement que notre Cour a
changé d’orientation dans Syndicat canadien de la Fonction publique, section
locale 963 c. Société des alcools du Nouveau‑Brunswick, [1979] 2 R.C.S. 227, où le
juge Dickson a insisté sur le fait qu’il y avait lieu de faire preuve de
déférence en appréciant les décisions des tribunaux administratifs
spécialisés. Cet arrêt a amené la Cour à faire preuve d’une déférence accrue
envers les tribunaux, comme en témoigne la conclusion, tirée dans Dunsmuir,
qu’il doit être « loisible au tribunal administratif d’opter pour l’une ou
l’autre des différentes solutions rationnelles acceptables » (par. 47).
[14] Je ne suis pas d’avis que,
considéré dans son ensemble, l’arrêt Dunsmuir signifie que l’«
insuffisance » des motifs permet à elle seule de casser une décision, ou que
les cours de révision doivent effectuer deux analyses distinctes, l’une
portant sur les motifs et l’autre, sur le résultat (Donald J. M. Brown et
John M. Evans, Judicial Review of Administrative Action in Canada
(feuilles mobiles), §§12:5330 et 12:5510). Il s’agit d’un exercice plus
global : les motifs doivent être examinés en corrélation avec le résultat et
ils doivent permettre de savoir si ce dernier fait partie des issues
possibles. Il me semble que c’est ce que la Cour voulait dire dans Dunsmuir
en invitant les cours de révision à se demander si « la décision et sa
justification possèdent les attributs de la raisonnabilité » (par. 47).
[15] La cour de justice qui se
demande si la décision qu’elle est en train d’examiner est raisonnable du
point de vue du résultat et des motifs doit faire preuve de « respect [à
l’égard] du processus décisionnel [de l’organisme juridictionnel] au regard
des faits et du droit » (Dunsmuir, par. 48). Elle ne doit donc pas
substituer ses propres motifs à ceux de la décision sous examen mais peut
toutefois, si elle le juge nécessaire, examiner le dossier pour apprécier le
caractère raisonnable du résultat.
[16] Il se peut que les motifs ne
fassent pas référence à tous les arguments, dispositions législatives,
précédents ou autres détails que le juge siégeant en révision aurait voulu y
lire, mais cela ne met pas en doute leur validité ni celle du résultat au
terme de l’analyse du caractère raisonnable de la décision. Le décideur
n’est pas tenu de tirer une conclusion explicite sur chaque élément
constitutif du raisonnement, si subordonné soit‑il, qui a mené
à sa conclusion finale (Union internationale des employés des services,
local no 333 c. Nipawin District Staff Nurses Assn., [1975] 1 R.C.S. 382,
p. 391). En d’autres termes, les motifs répondent aux critères établis dans Dunsmuir
s’ils permettent à la cour de révision de comprendre le fondement de la
décision du tribunal et de déterminer si la conclusion fait partie des issues
possibles acceptables.
[17] Le fait que la
convention collective puisse se prêter à une interprétation autre que celle
que lui a donnée l’arbitre ne mène pas forcément à la conclusion qu’il faut
annuler sa décision, si celle‑ci fait partie des issues possibles raisonnables. Les juges
siégeant en révision doivent accorder une « attention respectueuse » aux
motifs des décideurs et se garder de substituer leurs propres opinions à
celles de ces derniers quant au résultat approprié en qualifiant de fatales
certaines omissions qu’ils ont relevées dans les motifs.
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