Supreme Court of Canada
Paquin et vir v. Cité de Verdun, [1962] S.C.R. 100
Date: 1961-10-03
Dame Jeanne Paquin et vir (Plaintiff) Appellant;
and
La Cité de Verdun (Defendant) Respondent.
1961: May 31; 1961: October 3.
Present: Taschereau, Fauteux, Abbott, Martland and Judson JJ.
ON APPEAL FROM HE COURT OF QUEEN'S BENCH, APPEAL SIDE,
PROVINCE OF QUEBEC.
Damages—Negligence—Fall by pedestrian on icy
sidewalk—Liability— Standard of care required of municipality—Imprudence of
pedestrian.
The plaintiff was injured in a fall on an icy sidewalk in the
city of Verdun. The trial judge held the City liable, but this judgment was
reversed by the Court of Queen's Bench. The plaintiff appealed to this Court.
Held: The appeal should be dismissed.
There was no doubt that the sidewalks were slippery on that
day. This was normal in this country, where sudden changes in the weather often
occur On that day it had rained and the temperature was slightly above
the freezing point.
[Page 101]
The plaintiff had to prove negligence on the part of the City,
and the question was whether at the relevant time the City had taken the
necessary precautions to ensure the safety of the citizens. The mere fact that
a person falls on the sidewalk does not necessarily give rise to a claim for
damages. The standard of care required of municipalities is not one of
perfection. Municipalities are not an insurer of pedestrians and could not
reasonably be required to foresee the uncertainty of the elements. So long as
the municipalities proved that they had taken reasonable care within a
reasonable time, such as a prudent man would take under similar circumstances,
the municipalities could not be held liable. Garberi v. La Cité
de Montreal, [1961] S.C.R. 408, applied. In
this case the municipality was not negligent.
APPEAL from a judgment of the Court of Queen's Bench,
Appeal Side, Province of Quebec,
reversing a judgment of Brossard J. Appeal dismissed.
Maurice Bourassa, for the plaintiff,
appellant.
Maurice Fauteux, Q.C., for the defendant,
respondent.
The judgment of the Court was delivered by
Taschereau J.:—Le 26 janvier 1954, la demanderesse-appelante, avec une de ses
compagnes, retournait chez-elle après sa journée de travail. Vers 5:45 heures
p.m., à l'angle des rues Gertrude et Strathmore, dans les limites de la cité de
Verdun, elle fit une chute sur le trottoir et s'est infligé des blessures que
l'honorable juge de première instances a estimées à $2,582.30. Il a conclu à la
responsabilité de la Cité. La Cour du banc de la reine a unanimement
renversé cette décision et a rejeté l'action.
Il n'y a pas de doute que ce jour-là, les
trottoirs étaient évidemment glissants. C'est ce qui arrive normalement dans
notre pays, où il nous faut subir les intempéries climatériques et les
changements rapides des conditions atmosphériques. La preuve révèle qu'il
pleuvait, et la température a varié de 33°F. à 37°F. et s'est tenue toujours en
haut du point de congélation.
Il est clair qu'aucune présomption de faute ne
repose sur la municipalité lorsqu'un piéton est victime d'un accident résultant
d'une chute sur un trottoir. Le réclamant doit alléguer et prouver la faute de
la Cité, et celle-ci ne peut résulter que d'une négligence. La question qui se
pose toujours dans les causes de ce genre est de savoir si la municipalité a
pris, dans le temps voulu, les précautions nécessaires pour protéger la sécurité
des citoyens.
[Page 102]
Comme il a été dit souvent, et c'est
aujourd'hui la jurisprudence dans la province, le fait de faire une chute sur
un trottoir ne donne pas nécessairement ouverture à une réclamation pour les
dommages subis. Ce que l'on exige des municipalités, ce n'est pas un standard
de perfection. Elles ne sont nullement les assureurs des piétons, et on ne peut
pas raisonnablement leur demander de prévoir l'incertitude des éléments. Comme
cette Cour a eu l'occasion de le dire dans Garberi v. La Cité de Montréal, la
vigilance simultanée de tous les moments, dans tous les endroits de leur
territoire, serait imposer aux municipalités une obligation déraisonnable. Il
peut arriver, et il arrive malheureusement des accidents, où s'exerce très bien
la surveillance municipale qui résultent d'aucune négligence et pour lesquels
il n'y a pas de compensation sanctionnée par la loi civile. Et cette Cour a
ajouté, dans le même arrêt, que lorsque la municipalité fera preuve de soin et
de diligence raisonnables, lorsqu'elle prend les précautions que prendraient
des personnes prudentes dans des circonstances identiques, elle ne peut être
recherchée devant-les tribunaux civils.
Je suis d'opinion que dans le cas qui nous
occupe, aucune négligence ne peut être imputée à l'intimée. Des équipes
d'hommes étaient employées à sabler les rues dans tous les endroits de la
municipalité, et s'il est arrivé que sous la force de la pluie le sable a été
enlevé. la défenderesse ne peut en être tenue responsable. De plus, l'appelante
savait que la rue était glissante, et s'y est aventurée quand même, avec des
chaussures dont les semelles de cuir n'offraient aucune sécurité, et augmentaient
au contraire les risques d'accident qui existaient déjà.
L'appel doit être rejeté avec dépens.
Appeal dismissed with
costs.
Attorney for the plaintiff, appellant: M.
Bourassa, Verdun.
Attorneys for the defendant, respondent: Fauteux, Bélanger, Fauteux, Craig & Mailloux, Montreal.